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Leah Sulyma, gardienne de but inuvialuite, fait sa marque des deux côtés de la frontière
L'imprévisibilité de la vie dans une grande ville diffère considérablement de la tranquillité naturelle de l'enfance que Leah a vécue à Inuvik. Bien que la hockeyeuse de 19 ans adore la ville de Boston, elle avoue néanmoins : « le Nord me manque. J'aime son aspect éloigné. » Quand l'occasion se présente, elle met le cap sur les Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.), où elle loge dans un chalet pour faire de la pêche et de la chasse, en plus de visiter sa famille élargie. Leah est fière de ses racines et de l'occasion de jouer au hockey pour la Northeastern University. « Il y a encore bien des gens du Nord qui m'apportent leur soutien, et je suis très fière de pouvoir représenter les habitants d'Inuvik à Boston, car peu de gens ont quitté la région afin de poursuivre une activité comme celle-ci », explique-t-elle. À titre d'ambassadrice officieuse, Leah s'est vite rendue compte que les Inuits sont un peuple très exotique aux yeux de l'Américain moyen. « Je fais tout le temps face à toutes sortes de questions bizarres, par exemple, "Habitez-vous un igloo?". Parfois, je leur dis que je me promenais en ours polaire pour me rendre à l'école. » Leah s'est orientée vers le hockey à l'âge de neuf ans, car il s'agissait d'une nouvelle activité à pratiquer dans un petit village. « Un jour, mon père m'a inscrite. Alors, j'ai décidé d'y aller et je suis devenue une grande fervente du sport », se souvient-elle. « C'est l'esprit de compétition qui a un grand rôle à jouer là-dedans. Le sport m'a vraiment, vraiment plu car bon nombre de mes amis étaient des gars, et c'était simplement une façon de m'amuser avec tous mes amis. » Leah s'est fixée comme objectif de devenir une gardienne de but et a par la suite découvert qu'elle possédait un don. Elle décrit son aspect favori de la position de gardienne de but comme « le moment où elle effectue un arrêt incroyable, que ce soit au cours d'une séance d'entraînement ou d'une partie. » Leah se surpasse également sur le plan scolaire. En 2004, elle a déménagé à Edmonton pour fréquenter la St. Francis Xavier Hockey Academy, école secondaire reconnue pour son programme de hockey. « Au départ, c'était vraiment difficile, mais ma mère s'est montrée très enthousiaste à cet égard », souligne Leah. « Je reconnais maintenant que c'est la meilleure chose que j'aie pu faire, aussi bien pour mes études que pour ma carrière au hockey. » Ce n'était pas un parcours sans accroc. Puisque Leah vivait en Alberta et que ses parents, eux, habitaient aux Territoires du Nord-Ouest, elle ne pouvait jouer au hockey féminin de premier niveau; elle a plutôt joué au hockey de niveau secondaire, où elle s'est illustrée. Que ce soit aux Territoires du Nord-Ouest, en Alberta ou chez les Huskies, son équipe universitaire américaine, on peut facilement qualifier d'impressionnante sa liste de réalisations et de prix. Aux Jeux d'hiver de l'Arctique de 2002, elle a remporté une médaille d'or comme membre de l'équipe de hockey peewee masculin des Territoires du Nord-Ouest. En 2004 et 2006, elle a gagné des médailles d'argent et de bronze respectivement comme membre de l'équipe de hockey féminin des Territoires du Nord-Ouest. Elle a été sélectionnée à trois reprises au sein de l'Équipe nationale autochtone de hockey. En deux parties contre l'équipe du Sud de l'Ontario lors du Championnat national autochtone de hockey, Leah n'a alloué que 11 buts sur 184 tirs. À Boston, elle a été sélectionnée joueuse la plus utile de l'équipe, en plus d'être nommée à cinq reprises recrue de la semaine ainsi que recrue du mois de décembre 2007 de la ligue Hockey East. Ayant affiché 973 arrêts et un pourcentage de buts alloués de 0,913, Leah s'est retrouvée aux premier et quatrième rangs du classement des gardiennes de la ligue Hockey East et de la National College Athletic Association (NCAA) respectivement. Son rendement lui a valu une place parmi les 20 meilleures gardiennes à l'échelle des États-Unis. Linda Lundrigan, entraîneuse adjointe de l'équipe de hockey féminin de la Northeastern University, a dépisté Leah pendant l'édition 2007 des Jeux d'hiver du Canada. En dépit du fait que son équipe ait été complètement dominée, Leah s'est consacrée corps et âme dans toutes les parties à empêcher l'équipe adverse de marquer. « Elle joue avec tant d'athlétisme », déclare Mme Lundrigan. « Et elle se concentre dans l'unique but d'arrêter la rondelle. » Leah estime que sa bourse auprès de la Northeastern University est son plus grand exploit, car elle lui a permis de ramener sa carrière de hockey au niveau supérieur et de faire ses études universitaires. Outre une saison de hockey exigeante au cours de laquelle Leah fait des voyages avec son équipe deux ou trois fois par mois à partir d'octobre jusqu'à la mi-mars, elle poursuit un programme de cinq ans. En 2012, elle obtiendra son diplôme en affaires avec spécialisation en comptabilité et en finances. « J'aime vraiment le monde des affaires; donc, cela me convient parfaitement. » Leah apprécie l'occasion d'être une modèle sportive autochtone. « Je trouve qu'il est important de montrer aux gens les fruits pouvant être récoltés lorsqu'ils s'appliquent à une tâche, que ce soit dans la vie ou les sports. » Sa parution sur une affiche n'est rien de nouveau pour Leah. En 2004, Leah a prêté son image à une campagne de lutte contre le tabagisme pan-arctique qui présentait « Leah la gardienne ». « Je crois que si on veut être un véritable athlète et être compétitif dans quelque activité que ce soit, il est évident qu'on doit s'abstenir du tabac et de drogues, car ces substances n'offrent pas de bienfaits du tout. » Lorsqu'elle parle de ses propres sources d'inspiration, Leah fait référence d'abord à sa mère - qui l'a toujours aidée à viser l'excellence - suivie de son grand-père - qui a relevé de nombreux défis afin de réussir, avant de mentionner un héro sportif - Patrick Roy, ancien gardien de but des Canadiens de Montréal et de l'Avalanche du Colorado. « J'aime son style de jeu et, surtout, la façon dont il a gardé son-sang froid sur la glace. Il regorgeait de confiance. » La vie saine et l'ardeur au travail sont deux stratégies clés sur lesquelles s'appuie Leah pour atteindre ses objectifs, qui consistent entre autres à participer aux Jeux olympiques d'hiver de 2014 à Sochi et à devenir joueuse de hockey professionnelle. Il est fort possible que Leah s'aventure outre-mer pour se joindre à une équipe de hockey masculin, tout comme l'a fait Hayley Wickenheiser, athlète féminine canadienne. Heureusement, il n'est pas nécessaire de hâter la prise de si grandes décisions. « Il me reste trois ans pour décider si je devrais ou non aller de l'avant avec ce plan », fait remarquer Leah, alors qu'elle fait preuve d'une confiance inébranlable à la Patrick Roy.
Leah Ceone Sulyma, gardienne de but inuvialuite (inuit de l'Arctique de l'Ouest), se plonge dans ses études d'histoire américaine dans le cadre d'une bourse hockey-études à part entière à la Northeastern University, située à Boston, au Massachusetts.


